Egypte
Chose étrange, à première vue, l'étude des décans égyptiennes nous mène à l'examen des clepsydres. C'est que l'exemplaire le plus remarquable de ces horloges, la clepsydre d'albâtre au nom d'Amenophis III, trouvée à Karnak, est décorée de l'image de ces constellations choisies de bonne heure par les anciens pour déterminer avec précision les heures de la nuits.
Description de la clepsydre du temple d'Amon à Karnak
La plus ancienne clepsydre connue a été trouvée en 1904 par G.Legrain, cassée, près du temple d'Amon à Karnak . Elle a été restaurée pour le Musée du Caire.
C'est un vase en albâtre de forme tronconique(36cm de haut), richement décoré à l'extérieur et gravé à l'intérieur. Elle date du règne d'Aménophis III(environ 1415-1380 avant J.C). Cette clepsydre étudiée en détail par Borchardt1 servait à diviser la nuit en 12 partie, tout au long de l'année astronomique égyptienne.
L'extérieur: Le bord supérieur est légèrement profilé et comporte une surface plate annulaire sur laquelle sont indiqués les noms des 12 mois désignés à partir du premier mois de l'inondation.
Les surfaces extérieures étaient décorées de pierres précieuses colorées et d'émaux 
L'intérieure : Une petite ouverture à la base laisse l'eau s'écouler. L'ouverture est élargie vers l'intérieur et laisse penser qu'un fin tube métallique la traversait.
!2 colonnes verticales correspondants aux 12 mois de l'année étaient gravées à l'intérieur de la clepsydre. Chaque rangée verticale comportait 12 subdivisons limitées par 11 repères équidistants à partir d'une ligne supérieur aujourd'hui invisible qui devait être peinte. Les subdivisions égales entre elles sur une même colonne étaient plus importantes pour le mois du solstice d'hiver(mois 4) et diminuant jusqu'au mois du solstice d'été (mois 10). La longueur des 12 graduations du mois 4 (solstice d'hiver) est d'environ 14 largeurs de doigt, celle du mois 19 (solstice d'été) d'environ 12 largeurs de doigt (en prenant un doigt de 18,75 mm).
La clepsydre était remplie d'eau au coucher du soleil jusqu'à la ligne peinte supérieure et se vidait par l'orifice du bas. Le repère est seulement visible pour le mois numéroté 19 et se trouve pour les autres mois inclus dans les motif alternatifs du fond représentant la Vie et l'Éternité . Lorsque l'eau atteignait ce repère 12, c'était le lever du soleil.
La forme tronconique avec un angle de 110° compense en partie l'irrégularité du débit mais ne permet néanmoins pas de graduer régulièrement l'intérieur de la clepsydre. L'erreur commise était au maximum seulement d'un quart d'heure dans la nuit.
Les Égyptiens, par leurs observations millénaires, n'ignoraient rien des lois de la physique qui règlent la durée variable des nuits et des jours aux différents mois de l'année. Ils étaient arrivés à construire de bonne heure (au moins dès la XVIIIe dynastie) un système de mesure de temps par le contrôle de l'augmentation (inflow type) ou de la diminution (outflow type) du niveau de l'eau dans un vase de forme déterminée. Ils avaient deux types principaux: le vase prismatique à section carré (vraisemblablement le plus ancien) et le récipient de forme cylindrique. Ils avaient observé que la durée de deux nuits au voisinage du solstice était dans le rapport de 14 à 12 doigts (le doigts égyptien équivaut 18,75mm). Aussi donnèrent-ils, à juste titre, la valeur 13 aux deux nuits d'équinoxe. La durée des nuits des autres mois de l'année était représentée par une valeur intermédiaire. Les lignes gravées à l'intérieur des vases formaient un réseau de verticales et d'horizontales.
1-Les lignes verticales : Chaque mois de l'année est représenté par une ligne de longueur variable suivant la durée de la nuit à ce moment. Mais chaque ligne de mois doit être écartée des autres par une distance correspondant à la variation plus ou moins grande de la durée de la nuit à cette époque de l'année.
2 - Les lignes horizontales: En divisant les lignes verticales de longueurs diverses en douze parties égales, et en les coupant par douze lignes horizontales, nous obtenons des bandes horizontauxux espacées mais non parallèles; chacune d'elles correspond à l'écoulement d'une heure de nuit ou de jour pendant le mois représenté par chacune des lignes verticaux.
L'orateur Eschine (389-314 avant J.c) mentionne des clepsydres en forme d'amphore pour mesurer la durée des plaidoiries:
"Si l'accusateur veut le permettre, j'interromps mon discours...le temps qui me reste permet de le faire, car, dans le journée qui nous est mesurée, j'ai onze amphore pour plaider"1
Supposons deux parties contractantes, dont l'une, celui qui paie, tient consciencieusement ses engagements, tandis que l'autre, celui qui est payé, n'y est pas fidèle, ou inversement un jeune complaisant correct exécuteur des stipulations du contrat et un entrepreneur sans loi. On mesure l'eau , la parole est accordé au plus âgé des deux ..."2
Puis Eschine détaille comment sont mesurés les différents temps du procès:
"La journée est divisée en trois parties quand un procès en illégalité est introduit devant un tribunal. La première mesure d'eau est attribuée à l'accusateur, aux lois et à la démocratie. La deuxième à l'accusé et à ceux qui parlent sur l'affaire elle-même; lorsque le premier vote n'écarte pas l'accusation d'illégalité, la troisième mesure d'eau est consacrée à l'appréciation de la peine et à la grandeur de votre ressentiment."
1 - Eschine, Discours , Sur l'ambassade infidèle . Trad. V.martin et G de Budé, les Belles lettres 1927.
2 - Eschine, Discours, Contre Timarque . Trad V . Martin et G. de Budé, Les Belles lettres 1927.4
Byzance
Des horloges monumentales furent construite dans l'empire byzantin mais toutes ont disparu . L'une d'entre elles est bien connu par la description qu'en fait procope1. C'est l'apparence extérieure qui est juste décrite dans ce texte . Nous ne connaissons rien concernant son mécanisme intérieur.
C'est la fameuse horloge de Gaza (en Palestine) construite en l'an 500 de notre ère par un artisan inconnu. Cette horloge sert en quelque sorte comme horloge monumentale de transition entre les appareils antiques et ceux du Moyen Âge.
C'était une œuvre monumentale placé dans un édifice de la ville.

En haut de la construction se trouvait une tête de Gorgone qui roulait les yeux à droite et à gauche à la fin de chaque heure. En dessous se trouvait deux rangées de douze portes chacune. La nuit, les douze portes de la rangée supérieure (R) s'illuminaient tour à tour par une lumière qui chemine par derrière.
La rangée inférieure composée de portes à battants indiquait les heures du jour. La figure d'hélios (le soleil), revêtu de ses insignes divins, passait successivement devant ces portes le long d'une corniche , tenant à la main une mappemonde.
À la fin de la première heure du jour, au moment où Hélios passait devant la première porte, les deux battants s'ouvraient laissant apparaître une statuette d'hercule portant l'emblème de sa première victoire, la peau du lion de Némée; l'aigle placé au-dessus de l'ouverture déployait ses ailes et déposait une couronne de Lauriers sur la tête de la statuette. L'acte accomplit, la statuette se retirait, les battants de la porte se refermaient et l'aigle repliait ses ailes. À la fin de la deuxième heure, Hélios se trouvait devant la deuxième porte pour l'ouvrir, le scénario se reproduit avec hercule portant le trophée d'une de ses douze victoires. Et ainsi de suite jusqu'à la douzième porte qui coïncide avec le coucher du soleil.
Dans la partie inférieure de la construction se trouvaient trois dais à colonnes abritant chacun une statue d'Hercule. Celle du milieu frappait les heures avec sa massue sur un gong. Le nombre de coups était de 1 à 6 de la première heure à midi, puis à nouveau de 1 à 6 de la septième heure au coucher du soleil.
Au-dessus, une statuette de Pan dressait l'oreille à chaque sonnerie du gong et, le groupe de satyres qui l'entourait, se moquait de lui en grimaçant.
Sous les deux autres dais, les statues représentaient Hercule à l’œuvre, à droite se préparant à lancer une flèche, et à gauche, en marche avec sa massue et une corde, Au-dessus de la statue de droite , Diomède annonçait la fin de la journée à la fin de la douzième heure et au-dessus de la statue de gauche se tenait un pâtre immobile.
Entre les dais , deux esclaves couraient au service d'Hercule, l'un lui apportant la nourriture à la première heure , l'autre lui portant l'eau dans une cruche à la dernière heure .
1 - Procope : historien byzantin né à Césarée à la fin du IVe siècle et mort à Constantinople vers 562. C'est le grand historien du règne de Justinien. Son" traité des édifices" écrit en 560 à la demande de l'empereur renferme une masse de renseignements géographiques et économiques (d'après en 7 volumes)
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