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le luxe des califes (suite)

En métallurgie on reconnaît les épais de Tolède, le cuivre de Damas, les mines d'or et d'argent de Jean et Agave. Baja et Malaga étaient réputé par leurs rubis. À Cordoue l'industrie du cuir était particulièrement flprissante1.

Pour répondre toujours aux besoins du luxe des califes, la technique de l'agricuture fut largement développée; pour le vin , les Arabesintroduisirent la culture de la vigne. Pour l'élevage du vers à soie, c'est la culture des muriers qui prend naissance dans le royaume. Le henné dont les femmes orientales faisaient un usage constant pour teindre leur cheveux et leurs ongles , fut cultivé dans toutes les régions où reignait un climat humide et chaud . En Arabie du Sud et en haute-Egypte, le henné atteignait les propotions d'un arbre de deux mètres et demi et vivaient une quinzaine d'années.2

Signalons que les femmes bien qu'elles ne participaient pas aux réunions d'hommes et vivaient dans les quartiers de Harems, tenaient une place non négligeable dans le palais. Souvent elles s'immiscaient avec succès dans la vie politique. La mère d'Al-Rachid, une ancienne esclave yéménite,al-Khayzaran (الخيزران ) sut ainsi accéder son fils au trône, en ne reculant devant un assasinat. Elle s'occupe ensuite activement des affaires de l,Empire jusqu'à sa mort. L'épouse d'Al-Rachid Zoubayda ( زبيدة ) arabe de naissance , sut intervenir en faveur du règlement anticipé de la succession califienne en défendant les intérêt de son propre filsAl-Amin , contre ceux du " fils de la persanne" Al-Ma'mun. de plus la belle Zubeyda n'aimait que la vaiselle en or et en argent , les objets précieux sertis de diamant et de pierres enchassées Elle ne chaussait que des sandales ornés de pierreries3.

À l'intérieur des palais , les califes et les gens de la hautes sociétés menaient une vie luxueuse qui fut caractérisée par les soirées dansantes, les soirées d'amusement, les bals masqués et les fêtes de divertissement.Les réunions poétiques, les clubs philosophiques où l'on faisait assaut de courtoisie et de sciences ne manquaiten pas à cette vie La magnificence des califes attirait vers la capitale du royaume tous les talents. Dans leurs cours, se runissaient des assemblées de poètes, de juristes, de médecins, de grammairiens, des rhéteurs, de musiciens d'artistes et de beaux art. Les Califs appréciaient leurs oeuvres avec un goût judicieux et les récompensaient avec générosité. C'est avec ces soirées de réjouissance que la science et la musique ont pris leur essor.

À la période préislamique, ce sont les poésies rimées et rytmées d'Umral-Kays, de Zuheir idn abi Sulma, d'Antara al-Absi et beaucoups d'autres poètes de cette période, qui nous renseignent sur les origines de la musique arabe.Cette dernière se limitaient aux coups rytmés produits par des instruments tr<es rudimentaire: tel que le tambourin et les cymbales. Après l'apparition de l'Islam et dès la période des premiers califes , la musique arabe se propagea dans les quatre coins du royaume islamique. Cette musique atteint son apogée avec les Omeyyades et les Abbasides.

Durant le règne des Omeyyades, les musiciens furent préférés aux poètes et le calife Abdul-Malak, musicien compositeur, les encourageait par des dons de valeurs. Al-walid , malgré ses préoccupation califate, appela à sa cour, à Damas les deux célèbres musiciens de la Mecque et de la Médine , Ibn Sureig (إبن سريج ) et Ma'bad (معبد )où ils furent chaleureusement accueillis4. Presque tout les califes Omeyyades suivirent le même chemin, la musique arabe prospéra mais elle n'atteint son apogée qu'avec les Abbassides.

Les Abbassides menaient une vie luxueuse légendaire. Abu Nawas (أبو نواس) ,le poète libertin, ami de Harûn al-Rachid relate la fête fameuse au cours de laquelle Al-Amin , fils de Harûn, conduisit en personne toute une nuit, un balle extraordinaire où des myriades de jolies chanteuses dansèrent et chentèrent jusqu'à l'aube, au rythme des orchestres; tandis que les spectateurs se mêlaient à leurs âbats5. Les califes Abbassides étaient profondément passionnés par l'art et la musique . parmi eux Abdallah, fils d'Al-Hadi , était un excellent chanteur et un musicien expert, le calif Al-waked était un chanteur de talent et un luthiste remarquable6.

Cet amour profonde que gardèrent les califes Abbassides pour la musique , encouragea les musiciens à approfondir leurs connaissances et à innover dans ce domaine ; d'où une importante et rapide évolution de la musique théorique et pratique. Zyriab accorda au luth une cinquième corde , Al-Farabi inventa un instrument à corde Al-Nuzha (النزهة ) qui fut la base de l'instrument Al-Qanoun (القانون ).

À leur tour, les hommes de sciences participèrent au développement de cet art Al-Kindi (801-873)philosophe, matématicien a rédigé quelques traités sur la musique, il fut le premier à rédiger un tableau alphabétique pour les annotations musicales.À la même époque les frères Mussa ben chaker reconnus en tant que mathématiciens, physiciens et techniciens de talent ont décrit minutieusement un instrument de musique assez original intitulé "L'instrument qui donne un son de lui-même" (الآلة التي تزمر بنفسها ) dont l'étude technique et analytique a vérifié que c'est un orgue mécanique automatique.Le cylindre pointé qui lui est accordé est l'élément de base de la musique mécanique.

1- Jacques Risler - "La civilisation arabe"- Édition petite bibliothèque Payot1955

2 - Dominique et Janine Sourdel - "La civilisation de l'islam classique" - Édition Arthaud Paris 1968

3 - Mazahiri Ali "La vie quotidienne des musulmans au moyen âge " - Hachette Paris 1951

4-5-6- Farmer Henry georges "The History of Arabic Music"- Traduction Hussein Nassar Édition librairie d'Egypte 1956