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Les instruments à cordes

Dans un instrument de musique à cordes  le son est produite par la vibration d'une ou de plusieurs cordes fixées sur son corps qui joue le rôle d'amplificateur.

 

Ces cordes entrent en vibration soit:

 

- Par le pincement de ces cordes avec les doigts ou avec un plectre

 

- par le  frottement de ces cordes avec un archet 

 

Parmi ces instruments à cordes nous distinguons : L'ûd, (العود ) le tambur ( الطنبور ),  le qanûn, ( القانون )

 

al- Rabab, (الربابة ) al-Kinnara ( الكنارة ) et al-Sanj ( الصنج ).

 

 - L'Ûd (العود) - le luth

La vrai date de l'invention et de la première apparition du luth reste toujours mystérieuse. Il faut remonter très loin dans le passé pour trouver ses origines.

En fait, le chercheur irakien Sobhy Anwar Rachid l'a découvert  dans un bas relief,, du temple d'Hammourabi à Babylonne qui date de 1800 av.J.C.

Pendant la première civilisation pharaonienne, les Egytiens l'ont utilisé dans leur fêtes et leurs cérémonies religieuses. Un exemplaire fut retrouvé dans la tombe d'Ahmosis vers 1500 av.J.C.

L'ûd garde jusqu'à présent son statut en tant que "Roi des instruments de la musique arabe".

La figure ci-contre représente un luth trouvé dans les tombes de "Tiba " période des Pharaons.

Dans le monde arabe l'ûd fait son apparition avant l'Islam . C'était un luth à longue manche avec juste deux cordes tendues sur sa table d'harmonie. Puis, durant les périodes islamiques , il a subi des modifications assez importante. Actuellement sa description est la suivante:

 

 ll est formé par une grande caisse de résonance piriforme (الصندوق), dont le fond est constitué de côtes collées. Le manche (العنق) court et plat se termine par un chevillier (بيت الملاوي) courbé faisant avec lui un angle de 50 degré environ. Ce chevillier orienté vers l'arrière comporte des chevilles (الملاوي) . Les cordes tendues  passent par-dessus le sillet (pièce située à l'extrémité supérieure du manche comporte autant de fentes qu'il y a des cordes). La table d'harmonie ( الوجه أو الصدر) est percée de grandes ouies recouvertes de rosaces. Un chevalet (المشط) y est collé ainsi qu'un renfort au point de jeu. Une plaque de protection ( الرقمة ) se trouve collée sur la face de la table d'harmonie entre la grande rosace et le chevalet.

Les cordes, au nombre de cinq, sont pincées par un long plectre formé d'une plume taillée ou d'une lamelle de corne .

Dimensions du luth arabe

longueur totale: 83 cm , longueur des cordes vibrantes : 61cm , longueur du manche: 20cm 

La figure ci-contre montre les faces du luth actuel ( dos et face).

 Al-Qunbous ( العود الصنعاني)

Un luth particulier - Luth de San'a (capitale du Yemen )

Au congrès international de la musique qui a eu lieu à Bagdad (17-27 novembre 1975), Wagiha Abd al-Haq a présenté un instrument de musique à cordes sous le nom de " Le luth de San'a ou Al Qunbous . C'est Jamil Ghanem représentant du Yemen démocratique qui a  donné tous les détails concernant l'instrument .

À cette fin il dit : "C'est un instrument à cordes utilisé dans les anciens temps et qui se trouve hors d'usage actuellement Il est formé d'un seul bloc de bois creux recouvert par une peau de chèvre  très mince et bien tendue. Ses quatre cordes  faites des intestins de la chèvre, sont tendues entre le chevalet et le cou de l'instrument. Les trois premières cordes  sont doublées tandis que sur  la quatrième on a enroulé en spirales un fil métallique en cuivre ou en argent. Les cordes de l'instrument sont accordées comme suit:

 


 

Famille du Luth

L-Tanbûr (الطنبور): Instrument à cordes distingué par son long manche équipé de frettes  Sa caisse de résonance assez anguleuse, taillée dans un bloc de mûrier, est couverte d'une légère table d'harmonie en hêtre. Cette caisse peut avoir une forme bombée et arrondie, dans ce cas elle est formée de lamelles de hêtre , de noyer ou de mûrier, collées entre eux .

À l'origine al-Tanbûr fut muni d'une seule corde puis de deux ou trois pour arriver à sept dans le "Tanbûr" moderne.

Instrument favori des Égyptiens, Al-Tanbour fut connu vers 1600 av.J.C. Les gravures de "Tiba " (18e dynastie des Pharaons) montrent des musiciennes jouant du "Tanbûr". (voir figure ci-dessous)

 

 

                   

 

 Dans le monde arabe et juste dans un manuscrit arabe du VIIIe siècle,  apparaît le mot "Tanbûr". Par contre avec le grand musicien Al-Farabi ( Xe siècle) et précisément dans son volumineux traité de musique "Kitab al-Mûsiqa al-Kabir "(Le grand livre de la musique ), que nous assistons à une description détaillée de cet instrument. Dans ce traité, Al-Farabi consacre un chapitre entier à la description du "Tanbûr". Pour lui, il existe deux genres bien distincts : le "Tanbûr " de khorassan de type persan et celui de Bagdad de type assyrien. Ces deux types se différencient par leur forme ,leur grandeur et la disposition des frettes (الدساتين).

 

 

 

 

 

 

 

       Tanbûr d'après Al-Farabi                                                                             Tanbûr égyptien

D'après Al-Farabi "al-Tanbûr al-Bagdadi" possédait au moins cinqs frettes, celui de Khorasan n'en comptait pas moins de dix , parmi lesquelles cinq occupent des positions fixes et invariables , tandis que les autres peuvent être déplacées , à volonté, entre les frettes fixes.

                                       

                                             Un tanbûr moderne

2 -Al-Buzuq (البزق):

Instrument à cordes dont l'existence est attestée dès le Xe siècle de notre ère  avec Al-Farabi, pour lui il ressemble dans une large mesure au "Al-Tanbûr al-Bagdadi". Sa caisse piriforme mesure  approximativement 40cm de long et le manche environ 80 cm. Ce dernier comporte vingt frettes (ligatures amovibles). Les deux cordes métalliques doublées et généralement accordées à l'octave, sont pincées  avec un plectre en corne ou en plume.

 

 

 

 

 

 

 

                                                            Buzuq moderne

 


 

Lyre et Harpe

Al-Kinnara (Lyre)- (الكنارة)

La lyre, nom donné à l’un des plus anciens et  populaires instruments à cordes pincées des civilisations antiques. À l'origine, sa caisse de résonance représentait un taureau. Un exemplaire fut trouvé dans les tombes royales d’Ur (2350-2500av.J.C). Cette «Lyre » avait une tête de taureau  en or. La longueur de l’instrument est voisin de 1m40 et sa hauteur est de 1m 20. Un peu plus tard, la lyre fait son apparition en Égypte vers l'an 2000 av J. C.

                  

  Lyre trouvée  dans les  tombes royales d'Ur  (2350-2500 av.J.C) 

  Dans le monde arabe, la lyre fut connue sous le nom de Kinnara, tanbûra ou Simsimiya . Ses caractéristiques principales sont: Une petite  caisse de résonance surmontée de deux montants non parallèles maintenus par une traverse dépourvue de chevilles. Elle est composée de cinq cordes fixées par une  extrémité  à un chevalet collé à la caisse de résonance puis tendue par l'autre extrémité pour s'enrouler sur la traverse .

                         

              Ancien Kinnara                              Ansien Tanboura                                           al-Simsimya

  

 La harpe

Instrument oriental très ancien , connu des musiciens de l'Égypte antique, comme Sumer et Babylone. On distingue:

-  la harpe cintrée ou arquée dans laquelle le console part du corps et forme avec lui un arc

- La harpe triangulaire où le corps et le console sont fixés selon un certain angle , et reliés par une colonne ou pilier afin de compenser la tension des cordes.

                               

ancien harpe égyptien                       harpe triangulaire                        harpe moderne du XIXe siècle

(Tombe de Ramsès III)                   (Musée du louvre-Paris)                 (à pédales doubles) 

Quelques soit sa forme, les cordes  de la harpe de longueurs variables sont tendues presque perpendiculairement au plan de la table d'harmonie. Au moment du jeu, ces cordes sont pincées par les doigts du musicien.

Dans le monde arabe la harpe est connue sous le nom de "Sanj " ou "Jank"

 


 

Al-Qanûn et Al-Rabab

Al-Qanûn (القانون)

L'origine de cet instrument de musique à cordes est inconnue. Il apparaît dans la littérature arabe  dans les contes des Milles et une Nuits - d'origine perse - au Xe siècle.  Sa caisse de résonance  de formes très variée (rectangle, triangle ou trapèze) était couverte par une table d’harmonie très mince en bois.  À la surface de cette dernière sont tendues plusieurs cordes en boyau,  tenues, à la droite de l'instrument par un chevalet et rattachées,  à sa gauche par des chevilles pour permettre l’accordage.

Au cours des siècles, l’instrument a subit des améliorations importantes. Aujourd'hui,, le qanûn a une caisse de résonance en forme de trapèze à angles droits dont la grande base varie entre 75 et 120cm, la petite base entre  25 et 45cm et l'épaisseur entre 3 et 10cm.

Le chevalet (الفرس ) en épicéa à pieds multiples est posé "à cheval" sur des rectangles de peaux poissons (الرقمة ) . Ces derniers au  nombre de cinq servent d’amplificateurs de résonance et se répartissent à droite de l’instrument et sur sa largeur.

En face, à gauche et juste sur le côté oblique  de l'instrument, sont fixés des leviers métalliques en cuivre (العُرب ) permettant d’altérer le ton d’une corde, de plusieurs degrés, on en compte 4 pour chaque corde.

À ce même côté est accordé un cheviller percé d’un certain nombre de trous permettant d’insérer les chevilles. Ces dernières dont le  nombre est égal à celui des cordes du qanûn, varie entre  36 et 84 chevilles, normalement on compte 78 cordes accordées par un ensemble de trois pour chaque son.

Un morceau de bois appelé le nez (الأنف ) fixé entre les leviers et le cheviller contenant des fentes permettant le passage des cordes par groupe de trois.

                

          Qanûn                                                                                                plectre et dé

Les cordes sont pincées par les deux index par l'intermédiaire d'un plectre. Ce dernier est fixé à l'index à travers un onglet (pièce métallique cylindrique, appelée dé (كشتبان ) ouvert aux deux extrémités qu'on fait rentrer dans le bout de l’index.)

 

Al-Rabab (الرباب)

 

Instrument à cordes oriental, le Rabab existait sous sa forme la plus rustique chez les arabes de la période préislamique. On l'appelait « Rabab al – chaër » (رباب الشاعر ). C'est un ancien instrument monocorde qui accompagnait les paroles rythmées du  poète.

Bien que les éléments essentiels des différents "Rabab sont les mêmes, la forme extérieure change d'un pays l'autre.

Description du rabab égyptien

La caisse de résonance est faite d'une noix de coco décalottée. L'ouverture  de diamètre voisin de 8cm est couverte, par une pièce de peau de poisson bien tendue. Un long manche (47cm) cylindrique de bois prolongé par une tige de fer, est fixé à la caisse de résonance. Deux cordes de crin de cheval généralement accordées à la quarte, sont tendues par de grosses chevilles de bois vissées latéralement sur la partie supérieure du manche.

             

Rabab al-Chaer                                      Rabab  (la Tunisie)                                               Rabab (Egypte)

 

Au moment du jeu, les cordes sont frottées par un archet en forme d'arc entre les extrémités de laquelle est tendu une mèche de  crin.

Le rabab irakien appelé noix (الجوزة العراقية ) ressemble dans une grande mesure au rabab égyptien. Mais dans le rabab irakien  la partie inférieure de la caisse de résonance est ouverte à l`air libre . De plus il est muni de quatre  cordes relevées par un petit chevalet collé sur la peau de la caisse de résonance proche des extrémités inférieures des cordes.